PSA en discussion pour le rachat d’Opel

PSA a des volumes faibles et doit grandir.

Opel fait partie des rares opportunités. Mais elle n’est pas très sexy : pas de pépite dans le portfolio d’Opel (ni en produit, ni en marché), redondances entre les portfolios, trop d’usines en Europe etc.

Un renforcement de la coopération pour partager des coûts (achats, fabrications) serait plus pertinente.

Economie : bilan 2014 et perspectives 2015

En 2014 :

– la croissance du commerce mondial a ralenti, principalement à cause du ralentissement de la croissance chinoise,

– la croissance américaine est toujours aussi insolente, au détriment des inégalités et peut-être de l’environnement,

– la croissance chinoise ralenti, entrainant dans son sillage la croissance des pays émergents qui lui fournissent ses matières premières,

– la croissance européenne frôle toujours la récession, la croissance allemande est de moins en moins flamboyante,

– le Japon est en récession.

En 2015 : on surveillera la vitesse à laquelle la Fed sortira de son programme de soutien à l’économie, la vitesse à laquelle la BCE y rentrera au contraire, la croissance et surtout l’explosion de bulles en Chine et ailleurs dans le Monde.

Dans le détail :

– aux Etats-Unis : rien ne semble arrêter la croissance, qui s’appuie sur le faible coût des gaz de schiste et la main d’oeuvre. Les Etats-Unis ramènent leur production aux Etats-Unis, sont moins dépendants aux échanges internationaux, ils semblent en situation assez favorable,

– en Chine : le ralentissement de la croissance mondiale coûte cher à la Chine, la croissance risque d’être rapidement insuffisante pour la paix sociale dans le pays, et on peut se demander si les réformes en cours vont permettre d’élever réellement le potentiel de l’économie chinoise,

– en Europe : l’Allemagne perd de sa superbe, l’Europe lance un plan d’investissement symbolique, l’Euro baisse, la France et l’Italie bénéficient d’un sursis de la part de la nouvelle Commission. Une changement de stratégie (bienvenu) est peut-être à l’oeuvre,

– en Russie : le Rouble s’effondre, l’inflation galope et la Russie est toujours incapable de développer son industrie…

– globalement l’investissement est toujours insuffisant pour promettre des lendemains qui chantent.

Le Monde est-il entré dans une phase de stagnation séculaire ?

Depuis la crise des subprimes :

  • l’économie américaine est repartie et a créé des emplois,
  • les économies émergentes ont ralenti,
  • l’Union Européenne est quasiment en récession et en déflation.

Le Monde est-il entré dans une phase de stagnation séculaire ?

La finance ne travaille plus pour l’industrie mais pour elle-même.

Le marché est devenu plus fort que la démocratie.

Il n’y a plus d’investissements, il n’y aura plus de productivité.

Les inégalités se creusent…

Par ailleurs le Monde est inondé de liquidités.

A part en créant provisoirement des emplois via des bulles, pour le moment, on ne voit pas comment l’économie pourrait repartir sérieusement.

German model is ruinous for Germany, and deadly for Europe

http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/11150306/German-model-is-ruinous-for-Germany-and-deadly-for-Europe.html

On ne doit pas balayer les arguments de François Hollande sur la manière de sortir de la crise. En tout cas on ne peut pas claironner que nous devons copier l’Allemagne, ses choix économiques sont effectivement suicidaires.

Mais on doit aussi reconnaitre qu’au delà des efforts d’économies annoncés, nous n’avons toujours pas de gouvernement assez courageux pour lancer des réformes. La droite a tort de critiquer, elle n’en a jamais fait autant que le gouvernement actuel. C’est injuste pour des peuples comme les Grecs, les Espagnols, les Portugais ou les Irlandais, qui ont n’a pas eu d’autre choix de connaître une vraie austérité.

La Fin de la Mondialisation, François Lenglet, 2013 – fiche de lecture

La Fin de la Mondialisation, François Lenglet, 2013

 

La 4è de couverture affirme que “la phase actuelle de mondialisation touche à sa fin”, qu’ “il ne faut pas (la) regretter”.

En effet, tout au long du livre, François Lenglet :

– explique que l’économie fonctionne par cycles qui voient se succéder des périodes de libre-échange et des périodes de protectionnismes,

– constate que nous sommes au début d’une phase de protectionnisme,

– rappelle, contre la pensée unique, tous les bienfaits du protectionnisme.

En conclusion il dresse une liste de formes que devrait prendre ce protectionnisme.

 

Pas d’idée réellement nouvelle dans ce livre, plutôt facile à lire, qui passe plus de temps à regarder en arrière qu’en avant.

Philosophie de la Mondialisation

Philosophie : l’exercice systématique de la pensée et de la réflexion.
Mondialisation : l’interdépendance croissante des économies, l’expansion des échanges et des interactions humaines.
Chronologie non exhaustive
  • mouvement des hommes de l’Afrique vers l’Europe (-100 000) et l’Asie (-50 000),
  • Alexandre le Grand,
  • Routes de la Soie,
  • la koinè grecque,
  • les foires de Champagne,
  • 1492,
  • révolutions industrielles (1è : machine à vapeur, télégraphe, 2è électricité, chemin de fer, automobile),
  • colonisations,
  • Internationales,
mais aussi :
  • 1930,
  • 2è guerre mondiale,
enfin :
  • conteneur 1958,
  • Internet 1990,
  • fin de la guerre froide 1989 / réformisme économique chinois 1979 (et entrée de la Chine dans l’OMC 2001).
Manifestations de la mondialisation actuelle
  • investissements productifs dans les pays à bas coûts pour les marchés émergés,
  • sortie de la pauvreté de populations des pays en voie de développement,
  • maintien du pouvoir d’achat dans les marchés émergés,
  • investissements de R&D dans les pays à bas coûts,
  • investissements financiers,
  • investissements commerciaux,
  • marché des capitaux mondialisé,
  • uniformisation des attendus des classes moyennes partout dans le monde,
  • optimisation fiscale,
  • faiblesse des Etats-Nations (concurrence des Etats-Nations, délégation à des entités supra-nationales, émergence et volonté d’autonomie de régions),
  • tensions sur le marché des matières premières,
  • pollution dans les nouveaux pays producteurs,
  • délocalisations de la Chine vers l’Asie du Sud Est et l’Afrique,
  • retour des investissements vers les économies développées,
mais aussi :
  • perte de l’intérêt commun,
Questions
  • la mondialisation est-elle bonne pour l’humanité ?
    • oui car elle crée de la richesse,
    • néanmoins tout le monde n’en profite pas, elle augmente les inégalités et ferme toutes perspectives d’un partie de l’humanité,
    • non, elle met les hommes en concurrence,
    • elle permet à certains acteurs d’échapper à tout contrôle,
  • pour une partie des pauvres des pays émergents :
    • oui, elle permet de sortir de l’extrême pauvreté,
    • mais elle n’offre pas à tous la possibilité de rejoindre la classe moyenne (importante réserve de travailleurs pauvres),
    • il reste des exclus (Afrique),
  • pour la classe moyenne émergente : oui, elle s’enrichit clairement,
  • pour la classe la moins formée des pays développée : elle permet d’aider à maintenir le pouvoir d’achat mais elle agit comme un plafond de verre,
  • pour les rentiers : oui, elle est un gisement de possibilités de s’enrichir,
  • quels sont les moyens dont elle dispose ?
    • l’humanité n’est pas unie :
      • persistance des classes, malgré la création d’une classe de travailleurs actionnaires,
      • pas de syndicalisme international puissant,
      • montée des populismes,
    • exclus : immigration,
    • travailleurs pauvres des pays émergents : révolution,
    • classe la moins formée des pays développés : se former, créer / s’insérer dans un écosystème local, choisir soit des gouvernants qui les “protègeront” (création de barrières à l’importation), soit des gouvernants qui travailleront au rééquilibrage de la mondialisation (qui ?),
    • micro-finance,
    • Etats-nations :
      • créer des unions supranationales :
        • à minima pour lutter contre le dumping fiscal,
        • pour protéger leurs intérêts communs,
        • mais aussi mondiales ou a minima “extra-régionales” pour coopérer avec les régions qui sont en concurrence avec eux,
      • créer des protections pour leurs intérêts les plus vitaux,
      • négocier les conditions du maintien des multinationales sur leurs territoires, l’arrivée de multinationales sur leurs territoires, la conquête de nouveaux marchés pour leurs entreprises locales,
  • quels sont les scénarios possibles pour le futur ?
    • fin de la mondialisation : non, quelles pourraient en être les causes ?
    • création d’une société globale : non, il y a trop d’intérêts divergents (cf paradoxe du prisonnier),
    • unions régionales ou internationales des populations ? : idem
    • fin des Etats-nations ? : affaiblissement : oui, mais fin : non, encore une fois, il y a trop d’intérêts divergents  pour que les Etats-nations renoncent à leur souveraineté,
    • augmentation des inégalités : oui,
    • uniformisation des classes moyennes : oui,
    • multiplication des incidents : oui, arrivée de populistes au pouvoir dans quelques nations, révoltes de travailleurs pauvres, crises économiques et financières…
  • il faut a minima identifier les aspects les plus négatifs de la mondialisation, les traiter avec les différents acteurs impliqués, trouver les points de convergences :
    • exclus : aide au développement pilotés par des organismes internationaux,
    • travailleurs pauvres des pays en voie de développement : formation, micro-finance,
    • travailleurs peu formés des pays développés : formation,
    • en parallèle : R&D pour une vraie troisième révolution industrielle,
    • travailleurs peu formés des pays développés : création d’écosystèmes locaux, par des associations, soutenues par les gouvernements.