Automobile : bilan 2014 et perspectives 2015

Pour le monde automobile :

En 2014 :

– les ventes US et Chine battent des records historiques,

– les ventes Européennes cessent leur chute,

– les ventes dans les autres émergents diminuent.

Les premiums continuent d’empiéter sur les gammes des généralistes, les low-costs (ou assimilés) également. Hyundai et Kia se rapprochent du trio de tête des constructeurs automobiles. Le rachat de Fiat par Chrysler est concrétisé et est porté par le marché US.

Le véhicule électrique n’a toujours pas décollé, et la baisse du coût du pétrole ne va pas l’aider.

L’arrivée des véhicules autonomes commence à être visible.

En 2015 : on surveillera la croissance du marché chinois, le développement de l’autopartage en Europe et le développement des structures de charge pour les véhicules électriques.

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Economie : bilan 2014 et perspectives 2015

En 2014 :

– la croissance du commerce mondial a ralenti, principalement à cause du ralentissement de la croissance chinoise,

– la croissance américaine est toujours aussi insolente, au détriment des inégalités et peut-être de l’environnement,

– la croissance chinoise ralenti, entrainant dans son sillage la croissance des pays émergents qui lui fournissent ses matières premières,

– la croissance européenne frôle toujours la récession, la croissance allemande est de moins en moins flamboyante,

– le Japon est en récession.

En 2015 : on surveillera la vitesse à laquelle la Fed sortira de son programme de soutien à l’économie, la vitesse à laquelle la BCE y rentrera au contraire, la croissance et surtout l’explosion de bulles en Chine et ailleurs dans le Monde.

Dans le détail :

– aux Etats-Unis : rien ne semble arrêter la croissance, qui s’appuie sur le faible coût des gaz de schiste et la main d’oeuvre. Les Etats-Unis ramènent leur production aux Etats-Unis, sont moins dépendants aux échanges internationaux, ils semblent en situation assez favorable,

– en Chine : le ralentissement de la croissance mondiale coûte cher à la Chine, la croissance risque d’être rapidement insuffisante pour la paix sociale dans le pays, et on peut se demander si les réformes en cours vont permettre d’élever réellement le potentiel de l’économie chinoise,

– en Europe : l’Allemagne perd de sa superbe, l’Europe lance un plan d’investissement symbolique, l’Euro baisse, la France et l’Italie bénéficient d’un sursis de la part de la nouvelle Commission. Une changement de stratégie (bienvenu) est peut-être à l’oeuvre,

– en Russie : le Rouble s’effondre, l’inflation galope et la Russie est toujours incapable de développer son industrie…

– globalement l’investissement est toujours insuffisant pour promettre des lendemains qui chantent.

Géopolitique : bilan 2014 et perspectives 2015

En 2014 les tendances de fond ont continué :

– les Etats-Unis ont tenté, tant bien que mal, de s’extraire des points les plus chauds de la planète  (du Moyen-Orient en particulier) pour se tourner préventivement vers l’Asie,

– la Chine n’a pas contribué à faire baissé les tensions dans sa région,

– la Russie non plus,

– l’Europe est toujours un nain géopolitique, il n’y a rien a attendre de sa nouvelle représentante et elle n’a toujours aucun projet de défense commune,

– le Moyen-Orient est toujours une poudrière : l’Etat Islamique n’a jamais été aussi nuisible, la Syrie toujours en guerre civile, et le conflit Israëlo-Palestinien est toujours aussi enlisé. Cependant des contacts sérieux ont repris entre l’Occident et l’Iran.

En conclusion :

– les Etats-Unis ne sont toujours plus la superpuissance mondiale qu’ils étaient, la Chine et la Russie continuent de toujours plus s’imposer à leurs régions. Enfin il n’y a toujours pas de gouvernance digne de ce nom (le Conseil de Sécurité est bloqué sur chaque dossier pour cause de véto de la Chine ou de la Russie),

– à l’échelle de l’histoire le monde est toujours en paix, mais depuis la fin de la Guerre froide le monde n’a jamais été aussi en tension.

En 2015 : on suivra :

– le retrait des forces américaines de l’Afghanistan, l’évolution des combats contre l’Etat Islamique,

– l’évolution de la politique extérieure américaine maintenant qu’Obama a perdu le contrôle des 2 chambres,

– l’évolution du conflit Ukrainien et l’impact des sanctions économiques contre la Russie,

– l’évolution des tensions entre la Chine et ses voisins, en particulier avec le Japon et Hong-Kong,

– les élections législatives en Israel (17 Mars),

– le retrait des troupes françaises du Mali et de la Centrafrique,

– l’implication de l’Allemagne,

– la nouvelle représentante européenne.

Dans le détail :

Commençons par l’évènement le plus positif : les contacts ont repris entre l’Occident et l’Iran :

– le Moyen-Orient ne pourra pas être stabilisé sans la coopération de l’Iran,

– les Iraniens ont clairement élu Rohani pour relancer les négociations.

Au sujet de la Russie :

– les tensions sont montées tout au long de l’année, et pour le moment il n’y a aucune ouverture pour des négociations,

– on pousse la Russie dans les bras de la Chine, ce qui n’est dans l’intérêt de personne, sauf peut-être de la Chine (qui sécurise ainsi ses approvisionnements en énergie) et des Etats-Unis (mais à part symbolique, quel est leur vrai intérêt).

Au sujet de la Chine :

– les tensions ont continué tout au long de l’année avec le Japon au sujet des iles Senkaku – Diaoyu, avec un risque non négligeable d’accidents dont on ne peut imaginer toutes les conséquences. La poignée de main glaciale du sommet de l’APEC ne peut pas nous laisser présager d’un réchauffement. Les intérêts communs du Japon et de la Chine devraient les pousser à s’entendre, mais les rancoeurs sont si importantes, et les nationalistes sont si influents de part et d’autre, que le bon sens ne suffira pas à apaiser les 2 pays,

– les tensions ont atteint un pic avec le Vietnam et semblent avoir diminué,

– le pouvoir du président Xi continue de se renforcer en Chine, et personne ne sait jusqu’où il est prêt à aller pour assoir son autorité.

Au sujet du Moyen-Orient :

– le confit Israelo-Palestinien est plus enlisé que jamais :

– les belligerants sont incapables ou n’ont aucune envie de négocier : les Palestiniens sont divisés et le peuple est chauffé à blanc, les Israéliens s’entendent à étendre toujours plus les colonies,

– la communauté internationale regarde ailleurs : les Etats-Unis se contentent d’y envoyer Kerry, les Européens s’inquiètent de l’Etat Islamique et du sort de l’Ukraine. La reconnaissance de la Palestine par quelques parlements européens n’y changera probablement rien,

– faut-il se résigner à y construire un mur ?

– le combat contre l’Etat Islamique est l’événement le plus spectaculaire :

– les exactions de ses combattants sont difficilement supportables et la présence en nombre d’occidentaux dans ses rangs les rendent proprement insupportables,

– mais les solutions sont loin d’être évidentes : il faudra probablement passer par une recomposition des pays de la région, comment peut-on imaginer éradiquer l’Etat Islamique sans résoudre en même temps le conflit intérieur syrien ? devant un tel paroxysme de violence, il faut choisir entre la peste El Assad et le choléra Etat Islamique.

– les mouvements de fond à l’oeuvre depuis les révolutions arabes semblent toujours contradictoires :

– d’un côté l’Egypte et la Libye : ces pays semblent condamnés à la dictature et à la guerre civile,

– mais d’un autre côté la Tunisie : le pays nous montre que l’Islam est compatible avec la démocratie,

– quel plan d’actions pourrait permettre de relancer des processus d’apaisement en Egypte et en Libye ?

Au sujet des Etats-Unis :

– depuis quelques années le peuple américain est fatigué des guerres d’Afghanistan et d’Irak, on peut penser que cette fatigue va encore durer quand les américains voient leur ressortissants se faire décapiter,

– par ailleurs les américains ont confié leur deuxième chambre aux conservateurs dont le programme est maintenant très centré sur les Etats-Unis,

– la théorie “lead from behind” d’Obama se résumera finalement probablement au simple retrait des troupes américaines du monde, sans avoir permit la résolution d’un seul conflit.

Au sujet de l’Europe :

– l’Europe est toujours incapable de mettre en commun une part significative de sa défense : pour preuve en 2014 l’échec de la fusion BAE – EADS et la nomination de la jeune Federica Mogherini au poste de représentante de l’union,

– les Allemands expriment leur volonté de s’engager dans les affaires politiques du Monde. On attendra des faits concrets en 2015.

Enfin, au sujet de l’Afrique :

– l’Union Africaine est mise en avant dans la résolution des conflits survenus sur son territoires, néanmoins, devant l’urgence de certains problèmes (terrorisme dans la bande sahélienne), elle dépend encore beaucoup des forces extérieures.